Tynn – Choisir son club

Sur les articles que j’ai pu écrire ici, le tout premier de ce blog ( l’enfer du chiot ) est celui sur lequel j’ai le plus de retours. Habitués comme néophytes sont choqués par ce que j’ai pu vivre, et si la plupart me le disent clairement, je l’ai ressenti chez ceux qui ne l’ont pas fait : tous doutaient de ne pas avoir pu repérer les signaux avant-coureur d’un « mauvais club » et c’est à ce sujet que j’écris aujourd’hui.

 

Il faut tout d’abord savoir que je bannis formellement la scission entre les « méchants tradis » et les « gentils PO » car ce qui lie tous les professionnels du chien, c’est bien leur passion. Je ne dirai donc pas qu’un club où on engueule son chien s’il a le malheur de bouger une oreille est un « mauvais club » cependant, si vous suivez ce blog, ou si vous en survolez les articles, c’est parce que la méthode positive vous intéresse. Il faudra donc s’attendre à ce que mes recommandations se conforment à mes convictions et les méthodes que j’ai pu pratiquer sur le terrain.

 

Je vais brosser le portrait d’un club proche de l’idéal en quelques points, à vous de sélectionner ce qui vous parait le plus important. Les petits structures n’ont souvent pas de bons locaux ou de professionnels diplômés, c’est donc à vous d’adapter vos exigences à l’offre qui se trouve autour de vous , cela dit, je vous invite très vivement à porter une attention toute particulière aux points mis en gras.

 

  • L’ENVIRONNEMENT

▬ La propreté du terrain dépend de beaucoup trop de facteurs pour s’en soucier ; cela dit, si aucune mesure n’est prise pour les déjections, prudence… Maladies et infections se transmettent souvent par injection de matières fécales, et il n’est certainement pas charmant de passer une heure à piétiner d’un tas à un autre…

Les barrières sont d’une grande importance ; le chien peut s’y blesser si elles sont en feraille ou en barbelé, sauter par dessus ou les détruire sous le feu d’une excitation intense. Vérifiez bien qu’aucun trou ne soit présent et qu’elles mesurent environ deux mètres de haut (même si on conseille plus, vu la détente de certains grands sportifs)

▬ L’organisation doit vous sembler fluide et claire : si on ne sait plus où sont vos papiers, si vous vous êtes inscrits, si une monitrice vient ou pas, si le cours suivant fait obéissance ou agility… Il y a d’ores et déjà trop de « si ». Soyez certain qu’un jour vous débarquerez alors qu’il n’y aura pas cours, ou qu’on aura oublié de vous prévenir qu’il y avait un concours.

 

  • L’ÉQUIPE

▬ La plupart du temps, on vous accueillera bien (après tout, vous êtes un potentiel adhérant) mais n’hésitez pas à aller au contact :quels sont leurs diplômes, ont-ils été formés, si oui, où ? Beaucoup trop se font former « sur le tas » c’est à dire sans un cadre officiel et par une personne lambda qui décide de prendre un ou plusieurs « apprentis » pour leur apprendre le métier, mais leurs connaissances peuvent être incomplètes, ou pire, erronées..

▬ Sans avoir à prendre de cours, vous pourrez deviner la façon dont votre chien sera traité en regardant les éducateurs avec leurs propres chiens – ou éventuellement ceux des autres. Si dès qu’un problème survient, la force es la première solution mise en pratique, sachez qu’il en sera de même lors de vos leçons.

▬ Aucun moniteur, quelle que soit sa justification, ne doit se permettre de malmener votre chien, sous aucun prétexte. Soyez TRÈS consciencieux si vous décidez de faire un cours d’essai, car c’est ainsi que tout commence : on retourne le chiot sur le dos, on prend la laisse pour donner un coup de sonnette, et on vous assure que c’est la bonne chose à faire… Soyez inflexible. A partir du moment où une personne tentera de vous faire croire qu’un chien doit être dominé pour obéir, fuyez. Et vite.

 

  • LES TRUCS EN PLUS

▬ Regardez les colliers. C’est une habitude que j’ai adopté inconsciemment en visitant clubs, concours et expos diverses. Un collier plat ne veut pas dire maitre non brutal, et inversement. Mais si dans un club vous voyez pléthore de colliers à piques ou electriques, sachez qu’on risque de vous en conseiller un avec un grand sourire. (PS : ceci est un torca / torqua / torquatus, soit un collier à piques = les mailles sont carrées, entrecoupées de pointes qui s’enfoncent dans le cou du chien lorsque la laisse est tendue. En revanche, ceci est un collier en chaine simple, qu’on trouve souvent en magasin : des mailles rondes qui certes, abiment le poil mais ne possèdent pas de pointes. Apprenez à faire la différence)

▬ Regardez au moins un cours et comment il est mené. Notez surtout ces points qui me paraissent importants : les chiens sont-ils lachés avant le cours pour faire connaissance et se délasser ? Combien de moniteurs pour combien d’élèves ? Y’a-t-il des pauses entre deux exercices, sachant qu’un chien ne peut pas maintenir une attention maximum plus de cinq / dix minutes ? Ont-ils de quoi boire à la fin du cours ?

▬ Soyez dix fois plus exigeants si vous cherchez un cours pour un chiot et non pour un chien : une mauvaise expérience peut rester toute une vie… Entre deux et six mois, la sociabilisation est la plus importante : chiens, humains, bruits, jeux, objets… Si le cours se déroule comme le mien l’a été, sans aucune pause, chiots toujours en laisse, obligés d’aligner des assis et des couchés, n’insistez pas. Prenez minimum deux heures lors d’un week-end pour demander à google comment socialiser votre chiot et vous lui éviterez d’être dégouté du travail en club – si ce n’est pas carrément des humains ou de l’espèce canine en général.

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