Méryos – L’anthropomorphisme chez le chien

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L’anthropomorphisme ! Quel mot barbare nous venant du grec ancien. Sa définition est pourtant aussi claire que son étymologie.

L’anthropomorphisme, c’est le fait de donner des caractéristiques humaines à des sujets qui en sont dépourvus, comme les dieux dans l’Antiquité ou encore, le sujet qui nous intéresse, les chiens !

C’est un phénomène que l’on rencontre de plus en plus aujourd’hui. Peu des personnes savent qu’ils font de l’anthropomorphisme avec leurs compagnons, et pourtant certains ont des critères de « reconnaissance » très précis, comme ne pas donner de surnoms, ne pas donner de ration ménagère etc…

Mais, pour moi, il existe deux « mouvements » dans l’anthropomorphisme : celui qui est tolérable (et non pas conseillé) et celui qui est problématique. Je vais tenter dans cet article de vous expliquer certains caractères de chacun des deux stades en commençant par le tolérable :

-Donner un surnom à votre compagnon : pour moi ce n’est pas un problème en soi, tant que le chien connaît son nom « réel » et que vous n’en avez pas une tripotée. Personnellement, je donne des surnoms à ma chienne mais ça n’arrive que quand je la félicite pour quelque chose (un « c’est bien ma fille/bibiche ») sinon, le reste du temps, c’est « Hakou », tout simplement. J’estime que donner un surnom quand on félicité, ce n’est pas en donner un réellement, puisqu’il reste strictement cantonné à la félicitation. Pour votre compagnon, ca ne sera qu’un prolongement de la phrase félicitante et rien de plus. Il ne sera pas perdu et n’oubliera pas le nom qu’il a « officiellement ». De même que si vous vous adressez à lui dans un moment de tendresse, en lui susurrant des mots doux et des petits noms sucrés. Ce sont deux choses différentes, et tant que vous savez faire la part des choses et de ne pas vous perdre là dedans, il n’y aura aucun soucis pour votre compagnon ; alors gardez bien à l’esprit qu’il y a le nom identitaire de votre animal, celui que vous utilisez par exemple quand vous travaillez avec lui, et tous ces petits noms qui sont réservés pour des moments privilégiés.

-Lui raconter notre journée. Ce n’est pas problématique tant que l’on garde un ton neutre. Je sais ô combien il est plaisant d’avoir un compagnon avec soi et que la tentation de lui parler est souvent plus forte que notre raison. Aussi, pour ceux qui sont dans cette « pratique » je leur dirais qu’ils peuvent toujours le faire, tant qu’ils gardent un ton neutre. En effet, quand on narre quelque chose, souvent, on s’emporte, on se met en colère a posteriori pour une chose survenue plus tôt. Mais votre chien lui, ne comprendra pas les raisons qui ont amené votre colère. Il n’écoute que d’une oreille votre babillage ! Tout ce qu’il comprendra c’est que d’un coup vous êtes en colère et contre lui ! En effet, les chiens sont sensibles aux sons et aux tonalités que nous employons ! Aussi, bien que je ne la considère pas comme problématique (en fait elle l’est mais tolérable quand on sait rester neutre), je déconseille cette pratique si la personne n’a pas le recul nécessaire pour éviter de s’emporter… Sinon prenez une peluche géante pour taper dessus et y déverser votre colère tant que vous n’êtes pas en présence de votre chien et revenez plus zen ! Mais, comme dit plus haut, si c’est à votre compagnon et juste lui à qui vous vous adressez, rien ne vous empêche d’employer le ton le plus doux que vous pouvez. C’est par l’utilisation de ce ton particulier qu’il comprendra combien il est important pour vous. Le ton que nous employons est emplis de nuances qu’il nous faut apprendre à maîtriser, et je dis cela par expérience : bien qu’elle connaisse la tonalité de ma voix quand je la reprend, si j’hausse trop le ton avec Hakou, elle se ratatine comme une crêpe, n’étant pas habituée à ces excès d’humeur, à cause de leur rareté.

-Lui préparer des plats : oui, ce n’est pas quelque chose de problématique. Je sais par expérience que certains chiens sont adeptes des portions ménagères. Certaines personnes peuvent se le permettre et pensent que c’est ce qu’il y a de mieux pour leur compagnon… Soit ! Mais faites attention tout de même à bien respecter les besoins nutritionnels de votre chien et de ne pas en donner trop, ce qui pourrait conduire à l’obésité et là, ce sera un problème plus grave à traiter. Si cette portion ménagère est faite « dans les règles » (c’est-à-dire avec les connaissances nécessaires pour savoir ce qui est bon ou nocif pour les chiens !!!!) je n’y vois pas d’objection. (Que cela plaise ou non.)

– Et enfin : le laisser dormir dans votre chambre/dans votre lit. Et oui ! Ce n’est pas un problème ! Certains parleront de dominance, d’éducation permissive, laxiste, mais il n’en est rien ! Hakou dort avec moi. Dans mon lit. (Pour la petite histoire, je fais des crises de panique et elle m’aide à me calmer.) Effacez de vos visages ces airs outrés, je n’en reste pas moins son « Leader » ! Tout simplement parce que j’ai le « contrôle » de la situation. Ce n’est que sur mon ordre qu’elle monte sur le lit ou qu’elle en descend. Et puis, elle ne passe pas toute la nuit avec moi. Elle reste le temps que je m’endorme et ensuite va dans son couchage. Donc pour moi, qui est « adepte » de cette pratique depuis presque un an, je peux vous le confirmer, ce n’est pas un problème ! Ce n’entrainera aucune « dominance » de votre chien sur vous et ce n’est pas non plus un problème d’un point de vue anthropomorphique.  Certains diront que c’est sale que ce n’est pas hygiénique, que les chiens se promène partout et ramassent tout un tas de cochonneries etc… Et vous ? Dans notre vie quotidienne nous sommes tout aussi « sales » qu’eux, peut-être même plus ! En bref, je ne peux que vous dire : tant que vous êtes l’initiateur de ce comportement et que c’est vous qui y mettez fin, il n’y a pas de problèmes et n’y en aura pas !

 

Nous passons à présent dans la seconde partie, le « côté obscur » si je puis dire : les comportements qui sont problématiques :

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-Lui acheter des gadgets, des parfums, des vêtements etc… et le traiter comme un bébé. Tous ces comportements sont extrêmes et dangereux pour le chien qui les subit. En effet, en parfumant et en habillant vos compagnons vous masquez leurs odeurs naturelles et ils ne sont plus reconnus comme chien par leurs semblables, ce qui augmente le risque de conflits ! Vous m’affirmerez certainement qu’il est plus agréable d’avoir son petit chien parfumer de la truffe jusqu’au bout des pattes, mais pour le chien, son odeur propre est son identité. Cette pratique est donc un acte purement égoïste de la part des maîtres qui s’y abonnent. En faisant cela, vous dénaturez complètement votre animal.

-Et cela vaut aussi pour les personnes qui portent leurs chiens dès qu’ils en rencontrent un autre : empêcher le contact, c’est créer la peur de ses congénères chez votre compagnon, car il assimile, avec votre action de le porter, que son semblable est un danger pour lui et deviendra donc agressif envers les autres chiens ! Et, si vous faites cela depuis son plus jeune âge, je suis heureuse de vous apprendre que vous venez de gâcher bon nombres d’expériences qu’il aura pu faire durant sa première et cruciale année de vie : sa socialisation. (A voir dans un prochain article)

-Se comporter avec lui comme s’il était un poupon ne lui rendra pas service, en effet, vous le privez de son statut de chien et de cela peut survenir des névroses ! Il n’est pas reconnu par ses pairs comme chien et n’est pas non plus humain. C’est une perte de ses repères et vous y participez allégrement pour votre plaisir ! Mais bon, je vous comprends : il vaut mieux avoir un chien pouponné et malade qu’un chien bien dans ses pattes…

-Célébrer l’anniversaire de votre compagnon (et autres fêtes.) Vous ne le savez peut-être pas, mais les chiens n’ont pas la notion du temps comme nous l’avons. Pour eux, tous ces jours spéciaux ne sont que des jours ordinaires. La crevette annuelle que vous donnez à votre compagnon pour Noël n’est qu’un « extra » parmi d’autres. Ce n’est en rien un évènement marquant. C’est plus une chose que vous faites pour vous que pour lui et c’est donc totalement inutile !

-Lui offrir des funérailles : Je veux bien reconnaître que la perte d’un être cher est un évènement emplis de tristesse et que le désir de rendre hommage vous guide ou vous guidera alors. Mais un chien n’a de religieux que son « créateur » (si vous êtes contre la théorie de l’évolution j’entends) Il n’est donc pas indispensable de lui offrir des magnifiques funérailles : gardez ça pour les êtres humains de votre famille. Si vous désirez réellement lui rendre hommage, accompagnez-le durant son dernier voyage ! Ce sera la plus belle preuve d’amour que vous pourrez lui donner, au lieu de dire « Je ne peux pas c’est trop dur » pour ensuite l’enterrer comme un roi. Car ce ne sera plus ce qui compte au final. Ce qui compte, à mes yeux, est de l’accompagner quand l’heure arrivera…

Pour conclure, il est absurde et dangereux pour votre compagnon d’agir avec lui avec un anthropomorphisme excessif ! Les premiers cas son dérangeant mais pas « nocif » à proprement parler, dérangeant oui, mais pas au point de « névroser » votre compagnon, contrairement aux cas de la seconde partie, ce sont ces attitudes qui seront à l’origine de nombreux troubles chez votre compagnon.

 

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