Méryos – Choisir l’élevage de votre futur compagnon

Tout propriétaire ou futur propriétaire s’est sans doute déjà posé la question suivante : Comment choisir l’élevage de mon futur compagnon ? Comment choisir, trouver la perle rare parmi tous les élevages déjà existant ?

J’avoue que cette question n’est pas facile et que ma réponse sera surtout basée sur des réflexions et expériences personnelles, de même que mes propos, que j’assumerai, n’en ayez aucun doute. Vous pouvez tout aussi bien partager mon point de vue que de penser tout le contraire. Et, si vous vous en sentez le besoin, n’hésitez pas à réagir, ce serait avec plaisir que je débattrai avec vous.

Pour le choix d’un élevage, il y a, à mon sens, deux facteurs de choses à prendre en compte : une concernant l’éleveur et l’autre concernant l’animal.

Concernant le premier propre aux humains :

Je pense que le choix de l’éleveur est tout d’abord une question d’impressions, en effet, si vous n’avez pas une bonne impression de l’humain en face de vous, si le courant ne passe pas, je vous conseille de ne pas insister. Un bon éleveur doit être à votre écoute, répondre à toutes vos questions, mêmes si il y en a un grand nombre ! De même, je vous conseille d’éviter tout éleveur qui ne parle pas avec passion de la race et des chiens qu’il élève.

De plus, je vous conseille de fuir les élevages « multi-races », qui pour moi sont des éleveurs qui élèvent plus de trois races. Un éleveur qui élève onze races ne peut pas connaître tous les standards des races, et, si c’est de l’exposition que vous souhaitez faire, alors vous risquez d’avoir de mauvaises surprises, de même, avec autant de chiens, tous les tests génétiques et morphologiques ne seront peut-être pas fait, et, pour moi, si l’on prend un chiot dans un élevage, alors il doit être, pour simplifier la chose « beau et en bonne santé et conforme ».

Ainsi, privilégiez toujours un élevage qui fait ces tests et qui ne reproduit que les sujets qui ont de bons résultats ! Par exemple pour ce qui est de la dysplasie, faites en sorte qu’un des parents soit A et au minimum l’autre B (bien entendu le mieux étant que les deux parents soient classés A !… enfin vous avez sans doute compris l’idée !)

Je vous déconseille également d’acheter votre chiot en animalerie. En général, ces chiots sont issus « d’usines à chiots » et parfois même d’élevages multi-races. De plus, ces tests de santé sont rarement faits et vous risquez d’avoir de mauvaises surprises.

De même, allez visiter l’élevage qui vous plaît ! Et observez tout ! Que ce soit les conditions de vies des chiens, si la mère est présente ou non avec les chiots, demandez à voir les autres animaux (parfois la chienne n’est en maison que pour le temps de sa gestation et du sevrage des chiots) et, si les chiens vivent en chenils, regardez si ils sont bien entretenus ! Et, encore une fois, si vous avez plus l’impression d’avoir en face de vous un revendeur plutôt qu’un éleveur, fuyez !

De même, je vous conseille d’éviter les élevages qui vont vendre leurs chiots dans des Salons de Chiots, que ce soit pour des questions de santé ou d’éthique. Il est très important également de voir comment l’éleveur interagit avec ses chiots et ses chiens. Par exemple (et cela est véridique) j’ai pu observer à l’exposition canine de Lille (qui couplait expositions et salon de chiots et d’autres animaux) une éleveuse de Bouviers Bernois et de Bergers Australiens. Il y avait un bruit fou, et les chiots étaient fatigués de leur journée dans cette ménagerie et à être tripotés à tout va. C’est alors que je vois l’éleveuse prendre un des petits Bouviers Bernois, le mettre assis brusquement, et le réveiller en lui secouant violement la tête ! Ne pouvant supporter cette vue je lui demande pourquoi un tel geste et sa réponse m’a laissé sans voix : « Sinon il ne bouge pas et ne se vendra pas. » Et tout dans sa posture et son ton me prenait de haut. Et, j’ai eu beau lui rétorquer que ce n’était qu’un bébé, qu’il devait être fatigué, j’avais beau avoir l’assentiment de quelques personnes derrières moi, je savais que mes propos sont tombés dans l’oreille d’une sourde… C’est pourquoi je vous invite à être des plus vigilent. Si quelque chose ne vous plaît pas, même une chose minime, presque anodine, partez.

Enfin, pour moi un bon éleveur doit également appartenir au Club de Race de la race qu’il élève. Cela peut paraître dérisoire, mais à mes yeux cela possède une importance : il est ainsi connu et reconnu pour la qualité ou non de son travail. (Pour ma part, il faut toujours privilégier les éleveurs professionnels aux particuliers sauf cas exceptionnels ! Pour ma part, je n’ai eu le coup de coeur pour un particulier qu’une fois, et depuis, cette personne est devenue professionnelle !)

Ensuite, concernant les chiots en eux-mêmes :

A mes yeux, une des premières choses à voir concernant votre petit compagnon, est l’environnement dans lequel il évolue, si il est assez sollicité dans son apprentissage du monde extérieur ou des règles de bases de la maison par exemple : a-t-il vu des enfants de tous âges, des personnes de toutes tailles et de tout âges également, a-t-il été visiter un marché, une foire etc. Bref qu’a-t-il déjà vu ? Entendu ? Senti ? Avec quoi ont-ils joué ? Evoluent-ils dans une pièce annexe, seuls, ou dans la maison même ? Etc. Toutes ces questions ont leur importance ! Et il y en a encore de nombreuses autres ! N’hésitez pas à agrémenter cette liste suivant vos envies et les réponses que vous souhaitez !

Il y a aussi la fréquence des portées qui doivent être prises en compte : Si les femelles de l’élevage font portées sur portées, fuyez ! Vous avez affaire à une personne qui pour moi n’a pas d’éthique ! Et qui préfère mettre à profit sa chienne. Pour moi un bon éleveur ne fait saillir sa femelle qu’une fois par an. Peu importe la demande concernant les chiots, peu importe si la race est à la mode et qu’elle se « vend bien ».

Il y a également la question de la présence des parents des chiots auprès d’eux ! Il est bien connu que la mère apprend de nombreuses choses à ses petits jusqu’à leur sevrage et départ, mais peu savent que le père a également sa part à faire dans l’apprentissage des petits, comme par exemple pour ce qui est de la défense de ressources ! Si l’éleveur met la mère (et/ou le père) à l’écart, ce n’est pas bon pour moi. Si la mère est trop absente, les chiots n’auront pas appris le détachement progressif qui suit après leur sevrage, et c’est le meilleur moyen de se retrouver avec un chien faisant de l’hyper-attachement et de l’anxiété de séparation !

Ensuite, le chiot doit vous être vendu avec des papiers en règles, pucé, vacciné, avec un certificat vétérinaire de bonne santé, d’un certificat L.O.F provisoire, son pedigree et avec le tempérament qui vous est le plus adéquat. Aucun éleveur ne vous conseillera un chiot ou une race de chien active si vous préférez pantoufler devant la télé, de même il ne vous vendra pas un chien destiné à l’exposition si vous ne voulez qu’un chien de compagnie et inversement. Tout dépend de l’avenir que vous destinez au chien. Combien de fois ai-je vu des personnes s’insurger car leur éleveur leur a vendu un chien de compagnie, ce qui était de base « l’avenir » qui était prévu pour leur chien, mais qui soudainement ont voulu se lancer dans l’exposition mais n’ayant pas les résultats attendu (car oui, Loulou est le plus beau, le plus gentil, le plus intelligent des chiens !)

Pour résumer, je vous enjoints à visiter l’élevage et écouter vos impressions ainsi qu’avoir un œil sur tout, mais également à bien réfléchir à ce que vous voulez faire avec votre chien afin de ne pas avoir de regrets. Ayez des critères précis en tête, et si une chose vous gêne, faites en part à l’éleveur qui vous doit des réponses quand à ses pratiques et sa manières de faire. Techniquement, vous êtes novice en la matière, c’est donc votre droit de poser toutes les questions que vous voulez ! Même les plus absurdes !

Je vous invite à lire l’article suivant, qui résume assez bien et simplement ma pensée : CLIQUEZ ICI

Tynn – La désensibilisation de Diez

Comment gérez-vous les peurs de votre chien ?

D’ailleurs… Savez-vous ce qui l’effraie ? Le stresse ? Comment parvenir à une telle conclusion en lisant les signaux qu’il vous envoie ?

Avec Diez, je n’ai jamais eu d’énormes efforts à faire : choisi parmi les autres chiots de la portée car paraissant le plus stable et possédant l’envie d’interagir avec l’humain, il fut immédiatement plongé dans « le bain du positif » et développa rapidement assez de confiance en lui (puis en moi) pour passer au dessus de ce qui l’inquiétait. Vers trois mois, pendant la période juvénile où toute nouvelle découverte l’inquiétait, il eut brièvement peur des valises, ou plutôt du bruit qu’elles provoquaient en roulant sur le bitume. Peur qui fut vite oubliée avec quelques croquettes distribuées dès que l’on en croisait une. Rien de paramétré, aucune mise en scène. J’avisais lorsqu’il y en avait. Depuis cette période, Diez n’a jamais manifesté d’angoisse envers un objet, un animal, une personne ou une situation donnée ; je pensais donc en avoir fini… Jusqu’au jour où je dus prendre le métro avec lui pour partir en vacances.

Plutôt confiant au départ, son état s’est peu à peu dégradé au fil des minutes : le hall bondé, rempli de bruits, d’odeurs et surtout de personnes pressées risquant de le piétiner s’il s’écartait de ma hanche, certains trainant en plus ces satanées valises. Après la descente des escaliers, il dut attendre au bord du quai jusqu’à ce que le bruit infernal du métro nous indique qu’il approchait, et il dut franchir les portes automatiques pour s’asseoir à côté de moi dans un wagon où seuls quelques néons nous séparaient de l’obscurité totale. Mis à part l’inconfort subi par les secousses du métro sur les rails, rien à signaler ; Diez couché sous les sièges, gavé de saucissons, les choses s’étaient améliorées. Et puis… L’ouverture des portes, le flot de personnes, et la gare, immense, bruyante, bondée de Lille-Flandres… Des pieds, des jambes, des valises, voilà tout ce que Diez devait voir. J’étais tout à fait consciente du self-control dont il devait faire preuve, et de la confiance qu’il portait en moi pour ne pas paniquer complètement. L’aller fut donc bouclé avec une facilité déconcertante. Le retour me clarifia clairement les choses : Diez détestait tout ce remue-ménage, et s’il me suivait dans mes déplacements, j’avais l’impression d’entamer à chaque pas notre relation.

Si sa socialisation en béton et notre complicité ont fait la moitié du travail, il reste une énorme part de vide que j’aurais du combler en l’habituant au remue-ménage du métro. C’était une erreur de ma part et aujourd’hui, je suis bien décidée à la combler.

Gérer la peur chez le chien est un motif de travail bien dérisoire pour un non-connaisseur. Il est vrai qu’à première vue, Diez m’avait suivi malgré sa panique grandissante. Je pouvais très bien réitérer la chose en raccourcissant la laisse au maximum et en l’entraînant dans mon sillage. C’est ce que font la grande majorité des propriétaires face à une peur du genre : ils forcent leur chien à subir une situation qui les stresse, effraie ou panique (selon le degré) jusqu’à ce qu’il ne montre plus aucune réaction. On appelle cela l’immersion, et elle mène le plus souvent à ce qu’on appelle l’état d’impuissance acquise. Ce qui suit est un extrait de Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Impuissance_apprise) vous éclairant sur le phénomène :

Dans la 1re partie de l’expérimentation de Steve Maier, trois groupes de chiens sont attachés à un harnais. Dans le premier groupe, les chiens sont simplement attachés à leur harnais durant une courte période et ensuite libérés. Les groupes 2 et 3 restent attachés. Le groupe 2 subit intentionnellement un choc électrique, que les chiens peuvent arrêter en pressant un levier. Chaque chien du groupe 3 est attaché en parallèle à un chien du groupe 2, subissant un choc de la même intensité et de la même durée, mais ceux du groupe 3 n’ont pas la possibilité d’arrêter le choc. Le seul moyen pour un chien du groupe 3 d’échapper au choc est qu’un chien du groupe 2 actionne son levier. Les chiens du groupe 3 ne peuvent donc pas agir par eux-mêmes pour échapper au choc. Au bout du compte, les chiens des groupes 1 et 2 se sont rétablis rapidement de leur expérience, tandis que les chiens du groupe 3 ont appris à être impuissants et ont montré des symptômes similaires à la dépression chronique.

Dans la 2e partie de Seligman et Maier, ces trois groupes de chiens ont été mis dans un nouveau dispositif avec un petit muret qu’il suffit de sauter pour éviter le choc. Pour une très grande partie du parcours, les chiens du groupe 3, qui avaient précédemment appris que rien ne pouvait arrêter les chocs, restaient passivement immobiles et gémissaient. Bien qu’ils aient pu s’échapper facilement des chocs, les chiens n’ont pas essayé.

Ainsi lorsqu’un animal est soumis à des « stimulations nociceptives inévitables, celui-ci renonce à tout comportement d’évitement [il se résigne à] l’immobilité. Ce comportement persiste même lorsque les stimulations nociceptives sont évitables. ». Toutefois si l’expérimentateur intervient auprès des chiens devenus apathiques pour les tirer lors de l’envoi du choc électrique de l’autre côté du muret, il sort de cet état d’impuissance apprise.

Les chiens immergés dans une situation qui les effraie finissent par plonger dans cet état, et subissent donc tout sans manifester la moindre réaction ; voilà pourquoi les chiens que l’on éduque avec un collier électrique ou a piques (en l’utilisant avec abus et sans les connaissances requises) se montrent plus « faciles » que nos compères canins baignant dans cette éducation positive qui leur permet de montrer qu’ils ont peur, car la relation de confiance qui s’installe avec le propriétaire leur permet d’exprimer leur ressenti. C’est ensuite à l’humain de remarquer les signaux envoyés et de réagir pour ménager son chien (le soustraire à la situation qui l’angoisse).

En ignorant ce qu’exprime le chien, le propriétaire le renforce dans l’idée que l’humain ne peut rien faire pour l’aider, et le lien s’en ressent. Le chien cherche à fuir, voire à attaquer, prenant des initiatives pour remédier à sa condition. Il n’est pas difficile de savoir pour quelle méthode va ma préférence…

COMMENT J’AI PROCÉDÉ.

J’étais persuadée que ce qui effrayait Diez était le métro en lui même, et les secousses qu’il avait du subir ; mon idée était donc de me placer dans le hall et, à l’aide d’un clicker et de récompenses appétantes, le renforcer par sa simple présence. Aucun regard, aucune action demandée. Juste clic et récompense (c/r) le plus souvent possible.

Hakou était présente en guise de « référant émotionnel » : étant plus vieille et très posée dans toutes les situations, elle était le modèle sur lequel Diez devait se calquer.

A peine avions-nous franchi les portes du hall que Diez s’était tendu ; nous nous sommes placées le long d’un mur pour ne pas gêner le passage, et j’avais commencé à cliquer et donner des récompenses… Que Diez ne prenait pas. Laisse tendue, oreilles en arrière, il n’en fallut pas plus pour me faire ressortir.

Je devais donc commencer par le désensibiliser au hall en lui même.

Voici le plan que j’ai rédigé en rentrant de ce premier essai ; il prend en compte les compétences de Diez, sa confiance en moi et peut être modifié à tout moment selon ses progrès ou régressions. Ne le prenez donc pas comme modèle absolu pour traiter le même problème avec votre chien !

▬ Entrée du métro et passage des portes

A l’approche des portes d’entrée, c/r avec poignée de nourriture lancée au sol pour détourner en plus l’attention de Diez. Petit à petit, nous nous sommes rapprochés des portes pour y rester quelques secondes et repartir dans l’autre sens. Au fur et à mesure, j’ai réussi à amener Diez dans le hall (un pas ou deux à l’intérieur) je récompensais largement puis retour à l’extérieur. J’ai travaillé avec ce concept d’aller-retour en augmentant très progressivement le temps dans le hall. Diez restait très tendu, oreilles en arrière, muscles crispés, queue basse, mais me faisait assez confiance pour me suivre (ça, et le renforcement au clicker bien entendu) Nous travaillons 5-10 minutes puis longue marche autour du métro et du parking pour le détendre, et de nouveau séance de 5-10 minutes.

▬ Naviguer aisément d’une porte à une autre

Quand Diez a cessé de regarder autour de lui et d’angoisser, j’ai pu faire une dizaine de pas dans le hall pour passer d’une porte à une autre. Il marchait au pied et restait plutôt tendu mais son état était plus encourageant.

▬ Rester à l’intérieur (près des portes) de plus en plus longtemps

Même chose que pour la première étape, une fois la porte d’entrée passée, je récompensais toutes les secondes, puis toutes les deux secondes, puis toutes les trois… Puis retour vers l’extérieur pour décompresser.

▬ Augmenter peu à peu la distance (ping pong)

A ce stade, Diez était beaucoup plus à l’aise, il tirait sur sa laisse pour rentrer dans le hall du métro (merci le renforcement!) et son attention était très portée sur moi. Il me faisait une marche au pied parfaite (alors qu’en balade il est plus en avant) et ses oreilles étaient clairement en avant. Muscles presque détendus. Une fois au milieu du hall, il devait exécuter des exercices simples (assis, couché, touche) pour l’occuper mentalement. Il agissait en gestes brusques, un peu saccadés, signe qu’il n’était pas encore totalement à l’aise mais les progrès étaient clairement visibles. A partir de ce moment, Hakou restait avec lui dans le hall et non à la porte (que sa maîtresse tenait ouverte pour que je puisse entrer et sortir aisément.)

▬ Travail sur l’attention (regard, marche au pied)

Le titre parle de lui-même. J’ai cessé de donner de grandes poignées de friandises, plutôt deux/trois à chaque fois. Le stress de Diez n’était plus qu’un souvenir, il reniflait un peu partout comme en balade.

▬ Naviguer dans le hall

Travail en laisse puis en longe pour lui laisser plus d’autonomie. Aucun problème à ce niveau, j’ai même réussi à le faire un peu jouer !

▬ Augmenter le temps à l’intérieur de la pièce loin des portes

A ce stade je sortais une ou deux fois par séance, pas plus. Diez naviguait dans le hall pendant quinze à vingt minutes sans soucis.

▬ Zen sur le tapis

Diez connait l’ordre « tapis » associé à un « stay down » c’est à dire qu’il reste couché et ne bouge pas si je n’ai pas donné l’ordre libérateur. Je voulais transposer ça au métro mais les contrôleurs étant de plus en plus présents, je n’ai pas pu faire cette étape et j’ai du improviser.

▬ Travail son près de la passerelle

Le métro en passant sous le hall produit un bruit infernal, et je pensais que c’était ça qui faisait angoisser Diez. En fait, non. Cette étape s’est donc traitée d’elle-même pendant l’étape « naviguer dans le hall »

▬ Prendre les escaliers (marche par marche)

Diez étant tout à fait détendu, cette étape s’est également éliminée puisqu’il m’a suivi vers le quai du métro.

A partir de ce moment, inutile de planifier, Diez était calme et je travaillais la nuit, vers quatre heures du matin (merci les insomnies!) lorsque le métro était hors-service. La vidéo qui suit vous montrera un peu son « examen final » c’est à dire le moment où je considère le problème comme réglé. Mon loup est encore un peu inquiet sur le quai du métro mais une ou deux séances en plus dissiperont ses craintes.

Comme vous vous en doutez, il n’y aura pas d’avant / après : Diez étant terrorisé lors de mon premier essai, il n’était pas du tout dans mes projets de lui faire subir ça à nouveau pour le filmer !

N’oubliez pas que cette désensibilisation est adaptée à Diez et à ce que je sais de lui et de ses réactions. Ce procédé vise à transformer la peur en « neutralité émotionnelle » et cette modification comportementale ne s’effectue pas en quelques jours… Je ne peux que vous conseiller de vous référer à un professionnel qui travaille évidemment avec la méthode positive, et qui sera mettre en place un programme sur mesure pour votre loup.

Méryos – La punition

(Je tiens d’abord à signaler que les points d’exclamations ne sont là que pour attirer votre attention sur certains points cruciaux et pour souligner l’absurdité de certains autres. En aucun cas ils ne sont le signe d’un énervement de ma part… Ce fut au mieux, un léger agacement.  Veuillez également excuser mon sujet qui n’est pas aussi structurée qu’une dissertation universitaire, je me suis laissée transporter par celui-ci.)

Comment punir son compagnon quand c’est nécessaire est une des questions que tous propriétaires de chiens se posent.

Dans un de ses articles que la punition, Wamiz donne le conseil suivant : « Evitez de frapper un chien avec la main » Oui, mais ne serait-il pas mieux d’éviter de frapper un chien TOUT COURT ?!

 

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Sachez-le : il faut savoir « punir » (comprendre ici, le retrait du renforcement) ET récompenser ! Dans l’éducation de votre chien, il est impensable d’imaginer que l’un peu aller sans l’autre. Si on ne récompense pas les bons comportements parce qu’ils vont de soit, et qu’on réprime les mauvais, votre chien se fera un plaisir de réitérer ces comportements indésirables simplement pour avoir votre attention.

La punition DOIT être exceptionnelle. Elle ne doit survenir que dans les cas qui nécessitent une punition. Il ne sert à rien de punir votre compagnon pour asseoir une quelconque domination sur lui, car la domination interspécifique N’EXISTE PAS. Tout ce que vous ferez c’est mettre en péril votre relation avec votre compagnon simplement pour flatter ce pseudo égo de mâle dominant ! A VOUS DE FAIRE LA PART DES CHOSES !

Les auteurs du site Wamiz poursuivent leur tirade : « Celle-ci (la main) doit rester uniquement l’outil des caresses. De même, la laisse ne doit servir qu’aux balades » Jusque là rien à redire je suis d’accord… (Quoique pour la laisse, on peut l’utiliser pour apprendre à un chien à se « poser » à l’intérieur de la maison mais c’est un autre débat) Mais le pire est à venir, voyez vous-même : « Si vous souhaitez corriger votre animal, utilisez un journal roulé. » Oui, faites dont cela ! Il est vrai que le chien est un animal trop stupide pour associer le journal à votre main ! Et si vous ne me croyez pas essayez donc et n’allez pas me dire que la réserve que développera le chien à votre égard est de la timidité ! Le chien est tout à fait capable d’associer le fait que quand vous saisissez la laisse, il s’en va avec vous en balade, alors pourquoi ne comprendrait-il pas que le journal que vous saisissez est le signe que VOUS, SON MAITRE, allez le « corriger » (pour reprendre leur mot). D’ailleurs comme le dit Joseph Ortega pour répondre à l’affirmation suivante : Il faut frapper un chien avec un journal plié :

Faux: certains « dresseurs » pensent qu’ainsi il ne fera pas la relation avec la punition et gardera confiance en son maître. Le chien n’est pas si « bête » que ça, et pour lui c’est pareil. Pour qu’une punition soit pédagogique sans que le maître soit impliqué dans le désagrément, il ne faut pas qu’il se fasse voir. D’autre part, cela permet de lui faire comprendre que même si le maître n’est pas présent, il ne doit pas commettre d’impair. Pour obtenir une bonne attitude correctrice, la correction doit avoir lieu à distance. Par exemple au moment où le chien va aboyer dans une zone du jardin (souvent prêt de la clôture du voisin où il y a un autre chien), on va placer en hauteur le tuyau d’eau et dès qu’il aboiera la pluie arrive, le maître ouvrant le robinet à distance (sinon collier à air)…

Retour à l’article : suite à cette phrase, ils précisent tout de même qu’il ne faut pas frapper pour faire mal… Ce qui suit gagne un autre stade dans la stupidité : « Faites-lui peur, la douleur physique ne donne jamais le moindre résultat » … Merci Wamiz, sauf qu’un chien peureux peut réagir et donc attaquer si il n’a pas les moyens de fuir, car c’est ainsi que les chiens répondent à une menace : la fuite et si cette dernière n’est pas possible « l’attaque ». Merci donc, de nous apprendre les meilleures méthodes pour avoir un chien réactif ! Ensuite ils proposent de « saisir l’animal par la peau du cou »… Oui, quoi de mieux qu’un acte compris comme un acte de mise à mort dans le langage canin pour punir ! J’en perds mes mots tant je suis atterrée par cet amas de stupidité. Je me demande bien dans quelle fange ils ont été chercher ces informations !

Mais, MIRACLE, la dernière méthode qu’ils conseillent est d’ignorer le chien. Superbe ! Pour trois solutions prônant la violence d’avoir quelque chose d’un peu plus doux.  Bref, le seul point sur lequel je suis d’accord avec ce « célèbre » site est le fait que la punition doit être exceptionnelle. Pour moi l’ignorance n’est pas réellement une punition puisqu’un chien bien dans ses pattes peut supporter le fait que son maître ne s’occupe pas de lui-même en étant dans la même pièce, ce qui s’apparente à de l’ignorance : Hakou supporte très bien le fait que je puisse travailler plusieurs heures de suite sur un article ou pour mes cours, mais elle ne le vit pas comme une punition par exemple. L’ignorance peut être utile, je ne dis pas le contraire, mais il faut savoir la mettre en place. Par exemple ignorer le chiot qui a uriné dans la maison pendant que vous réparez les dégâts. Tout est une question de contexte. Cependant, il est certains cas ou l’ignorance devra passer par un isolement : en effet, un chien très attaché, voire dépendant de son maître n’en aura rien à faire que ce dernier l’ignore : il est toujours à proximité, dans le giron de son maître. Dans ce genre de cas l’isolement sera nécessaire.

Je vais à présent revenir sur un point que j’ai vaguement évoqué plus haut quand je parlais de dominance inexistante dans la relation homme-chien, et pour cela, retournons sur Wamiz. Dans un autre article sur la punition, ils expliquent ce qu’est la « punition interactive » qui n’est qu’un bel assemblage signifiant « violence psychologique gratuite pour le chien ». Voyez vous-même : « La punition interactive constitue une autre forme de sanction, utilisée par ceux qui considèrent nécessaire d’imposer leur dominance sur le chien pour obtenir l’obéissance. Cette technique réclame une détermination extrême de la part du maître, qui se trouve parfois obligé d’engager une véritable lutte de résistance, aussi bien psychologique que physique, avec son animal : il le fixe dans les yeux en soutenant son regard ; s’il aboie, il lui serre le museau dans ses mains (autre signe de dominance), lui donne une fessée avec le journal et ainsi de suite. »… Mais bien sûr ! Et pour apprendre la marche aux pieds à un chiot il faut lui mettre un torca ! Quel amas d’âneries !

Il n’y a rien qui vous choque ? Ici, tout ce que je lis n’est que violence… Leur « punition interactive » n’est là que pour satisfaire l’égo du maître qui se complaît à penser qu’il domine une bête féroce ! Le maître qui se plonge dans une lutte sans merci, qui a le courage de soutenir le regard du fauve et d’avoir la satisfaction de le dominer et mentalement et physiquement ! Alors, je vais me répéter encore une fois, et je vous prierai de le faire avec moi pour que cela s’imprime bien dans les mémoires : La dominance interspécifique n’existe pas ! Tout ce que le maître fait est d’acculer le chien dans ses retranchements, ne lui permettant aucunes réponses aux agressions commises envers lui par son maître. En empêchant ses réponses, en interdisant au chien d’envoyer ces signaux préventifs, il finira par ne plus prévenir et passera directement à l’étape suivante : la morsure, et bien évidement ce sera le chien que l’on blâmera pour cette erreur… Evidement, il était trop « sauvage » pour être dominer, ce n’est pas la faute du maître qui est celui qui a commit fautes sur fautes !

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Et pour le plaisir des yeux voici la suite : « Ce système éducatif comporte des avantages, mais ceux qui souhaitent l’appliquer doivent savoir que, pour réussir, il faut être capable de résister aux provocations du chien. Dans le cas contraire, les conséquences négatives seraient inévitables. On risque en outre, si l’on est incapable de doser sa force, d’étouffer la personnalité de l’animal en le rendant timide, peureux et excessivement soumis. »

Personnellement, j’appellerai plutôt cette méthode « système de torture mentale » Et non, il ne faut pas être capable de résister aux provocations, mais d’ignorer ce que le chien ressent et tente de faire comprendre à son maître ; voici ce qui serait une définition plus exacte. Et quand aux conséquences… Elles sont déjà là même en « dosant la force », amoindrie certes, mais bien présente ! Avec toutes mes excuses Wamiz, j’ai plus l’impression de lire quelque chose qui était tenu pour vrai dans les années 50… Le monde du chien a évolué depuis, il est temps de vous mettre à la page. C’est comme si on me disait qu’un chiot de 7 mois qui urine encore dans la maison le fait par vengeance… C’est absurde.

Mais fort heureusement, tout n’est pas mauvais dans leurs propos puisqu’ils déconseillent l’utilisation d’instruments de punition à distance… Mais à ceux qui ne sauraient pas les utiliser. L’honneur est sauf si on peut dire…

De mon point de vue, ces instruments sont inutiles dans l’éducation du chien. Ils ne sont utilisés que pour ceux qui ont mal fait les choses et qui l’utilisent comme une excuse : cela rejoint la punition interactive sur ce point : ce n’est jamais la faute du maître si le chien doit porter un de ces instruments, c’est de son fait à lui.

Il est dit que ces instruments (colliers électriques etc…) peuvent être utilisés pour « corriger la tendance à la fuite ou à l’agressivité »… NON ! Si un chien fuit ou est agressif, c’est qu’il y a un problème, et souvent de socialisation durant la période juvénile ou tout simplement de communication entre le maître et le chien. Un chien ne naît pas agressif, il le devient ! Là est toute la différence. Ces instruments ne sont que violence et sont bien souvent mal utilisés ! Je me rappelle une anecdote qui m’a été rapporté par Tynn, qui a assisté à une scène de ce genre : un homme choquait son chien avec un collier électrique car ce dernier ne revenait pas, et, même une fois revenu, il s’est prit un autre choc….

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Evidemment que dans de telles circonstances le chien n’a pas ENVIE de revenir ! Il est « puni » quand il part et quand il revient…  Personnellement, je m’oppose tout simplement à leur emploi car ces objets peuvent gravement nuire au chien sur un plan physique et psychologique. Mais chacun fait ce qu’il veut chez soit… j’espère juste que si vous l’utilisez que vous le faites bien. Je vous joindrai plus bas un lien d’un autre article fait par Wamiz, mais  rédiger par une éducatrice travaillant en positif… Vous verrez par vous-même que le contenu et les messages sont totalement différents ! Cet article est suffisant à lui-même et il serait donc inutile que j’en discute comme je l’ai fait pour les autres.

Ca se passe ICI !

C’est ainsi que je vais conclure cet article. Mais rappelez vous surtout que « Le chien devient ce que le maître en fait »

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Tynn – La socialisation ; explications et conseils

La socialisation est de très loin mon sujet préféré dans le monde canin… Et pour cause ! Cette période passionnante qui se déroule dès la troisième semaine de vie du jeune chiot pour finir vers douze mois, définira le caractère et le comportement du chien adulte dans sa majorité. Pour avoir un chien équilibré… Il faut un chiot socialisé ! Beaucoup trop de propriétaires ignorent que leur chiot tout juste installé à la maison doit en ressortir le plus vite possible pour accumuler un grand nombres d’expériences (motrices, sensorielles et même émotives) qui iront se nicher dans une banque de données cérébrale, associées à l’état d’esprit du moment. Pour être plus clair, si votre nouveau compagnon rentre en voiture avec vous et qu’il vit mal les secousses ou la façon dont il est tenu, il y a de fortes chances pour qu’il associe son mal-être avec le trajet en voiture. Pour qu’à l’avenir, chaque trajet ne devienne pas une corvée, il suffira parfois d’un autre trajet peu de jours après le précédant, dans de meilleures conditions et plus court, pour démontrer au chiot que l’association est fausse. Le contraire est aussi vrai ! Par exemple, si les chiots d’une portée sont correctement et fréquemment manipulés pendant les deux premiers mois, ils seront plus calmes lors des brossages et autres soins vétérinaires, puisque ayant assimilé les manipulations comme une chose agréable.

Voyons ensemble les différentes étapes de la socialisation, qui seront développés ensuite :

       ▬ La socialisation primaire (qui débute chez l’éleveur et se déroule entre la troisième et la douzième semaine)

  • développement sensoriel et moteur
  • apprentissages intra-spécifiques
  • prémices de la morsure inhibée
  • mise en place d’une hiérarchie familiale
  • attachement envers l’humain
  • apprentissages inter-spécifiques

       ▬ La socialisation secondaire (apprentissages plus longs et moins durables, période se terminant entre huit et douze mois selon les individus)

  • étape de peur
  • période contestataire juvénile
  • Puberté et recherche d’une hiérarchie sociale

Comme vous pouvez le constater, la seconde socialisation possède moins d’étapes puisque les apprentissages du chiot ralentissent, et de nombreux points, initiés dans la socialisation primaire, seront approfondis jusqu’aux dix mois du jeune chien. On comprend alors pourquoi choisir un bon éleveur est impératif : les premières bases sont les plus solides, et si elles n’ont pas été posées dans les temps, il sera ensuite bien plus dur de les inculquer au chiot.


L A   S O C I A L I S A T I O N   P R I M A I R E

Développement sensoriel et moteur

Alors que le chiot apprend à se déplacer, il engrange dans une banque de données tout ce qu’il touche et les sensations qu’il éprouve. Marcher sur le carrelage est différent de ramper sur le bois ou se rouler dans de la moquette, et tout ceci ne ressemble en rien à l’herbe, au gravier ou au macadam ! Pendant cette période, il est donc conseillé de faire découvrir au chiot au moins sept surfaces (échelonnées sur différents jours) et en profiter pour le manipuler le plus possible : caresser toutes les parties du corps, bouger les oreilles, toucher les griffes et les coussinets appuyer à certains endroits et en chatouiller d’autres…

Pendant cette période, le chiot se créera petit à petit un filtre sensoriel : si au début tous les bruits le faisaient sursauter ou remuer, il apprendra bien vite que le son des talons est suivi de caresses, que le choc des gamelles contre le sol signifie l’heure du repas pour la mère, et que tous les bruits qui pourraient l’effrayer ne lui procurent aucune douleur. Il cessera donc d’y prêter attention.

La plupart des éleveurs n’effectuent pas ces opérations consciemment, mais le simple fait de manipuler les chiots, ou les faire cavaler dans toute la maison suffit à créer une bonne banque de données. En revanche, s’ils restent dans des boxes avec très peu de contacts, ils risquent de craindre les nouvelles surfaces, d’être plus sensibles aux bruits, et d’être en général, plus anxieux que la plupart des chiots.

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Apprentissages intra-spécifiques

Lorsqu’il naît, le chiot ne se considère pas comme un chien, ou plutôt, il ignore qu’il en est un. Il apprendra cependant rapidement qu’il en est un par les contacts avec ses frères et sœurs, et celui, très étroit, envers sa mère, dont le rôle est d’apprendre les bases de la communication canine à ses nombreux rejetons. La généralisation se fait très vite : un chien possède une certaine odeur, différente de l’humain, une physionomie particulière, également différente de l’humain, et ainsi de suite. Au début, le chiot de quelques semaines considérera uniquement sa mère et le reste de la portée comme appartement à son espèce. C’est en grandissant, et en faisant de nouvelles rencontres qu’il étendra ses connaissances. S’il s’agit d’un labrador beige, le chiot imaginera au début que tous les chiens sont comme lui, de taille moyenne et plus ou moins jaunes. Puis, en rencontrant un caniche, un berger allemand et un boxer, possédant une odeur plus ou moins similaire et des modes de communication identiques, sa compréhension s’étendra à tout le genre canin. Inutile de lui montrer toutes les races existantes, il lui suffira d’une cinquantaine de rencontre avant ses trois mois pour lui apprendre ce qu’est un chien.

Il est donc indispensable de montrer d’autres canidés au chiot, et ce, le plus rapidement possible. A moins que l’éleveur ne possède différentes races, ce travail est en général totalement ignoré, et on récupère un chiot de huit semaines à peine conscient de ce qu’est un chien. Lui permettre d’en voir lors d’une balade, sans contact, peut être suffisant pour compenser ses lacunes ; en revanche il en creuse d’autres, puisque le petit nouveau ne peut pas perfectionner ses aptitudes à communiquer.

Pour résumer, lorsque votre chiot arrive à la maison, considérez qu’il est « incomplet » et que le reste du matériel s’acquiert avec de bonnes rencontres, en préférence en liberté. Exit les parcs à chiens où se réunissent un peu trop d’inadaptés qui ne savent pas communiquer : demandez à vos amis de faire une balade avec vous, et laissez votre chiot se perfectionner en langage canin, aidé de ses pairs.

Prémices de la morsure inhibée

A peine le chiot sait-il courir qu’il joue avec ses frères et sœurs : c’est principalement le jeu qui apprendra aux chiots à réguler leurs ardeurs. Il suffit d’une pression trop forte, d’un mouvement brusque pour que l’un des deux combattants pousse un couinement aigu. Aussitôt, le jeu s’arrête et le coupable apprend que si il ne se régule pas, l’amusement cesse : c’est l’apprentissage des auto-contrôles, c’est à dire résister – ou tempérer – une envie très forte (de jouer, de courir, d’aboyer après quelque chose, de voler de la nourriture…) La mère est également une pièce importante dans cette éducation : si l’un de ses rejetons mordille trop fort ses mamelles ou une partie de son corps, un mouvement de patte bien placé, ou un couinement de douleur serviront de leçon au polisson.

A huit semaines, les chiots en âge d’être adoptés n’ont pas encore terminé cet apprentissage, et c’est au futur maître de s’en occuper. Lors d’un jeu, si le chiot pince trop fort, il est inutile de les prendre par la peau du cou ou de pincer la langue… Un cri aigu, puis le fait de quitter la pièce est une marque de désapprobation suffisamment forte pour se faire comprendre. Quelques semaines de ce traitement parviendront à lui faire prendre l’habitude, qui devrait persister tout au long de sa vie. Cette étape cruciale est la méthode la plus efficace contre les morsures graves. Un chien très stressé ayant de bons auto-contrôles parviendra à doser sa morsure (= pincer) alors qu’un chiot qui n’aura jamais appris à se maîtriser plantera ses crocs profondément dans la chair de son adversaire supposé, qu’il soit chien, chat… Ou humain.

Mise en place d’une hiérarchie familiale

Tout le monde le sait, il y a toujours le grizzly de la portée qui tête, puis mange en premier, pousse ses frères et sœurs, bondit dans tous les sens et mordille avec un peu trop d’insistance l’oreille de sa mère. Il y a aussi le petit rachitique qu’on prend en pitié, qui se fait marcher dessus par sa fratrie encore pataude, qui est peu dégourdi et vient rarement au contact lorsque des étrangers s’invitent dans les environs. Dès les premiers jours, la hiérarchie au sein des chiots se met en place tout naturellement. Le plus hardi s’empare d’un mamelon en premier, le plus doué à faire ses premiers pas parvient à la gamelle avant les autres, et ainsi de suite.

Rappelons-le : la hiérarchie, ce n’est pas « qui domine qui » mais plutôt une certaine liberté dans la gestion des ressources. Notre grizzly, plus grand, plus agile et plus indépendant n’hésitera pas à pousser le petit rachitique pour lui chiper une friandise qu’il n’aurait pas avalé assez vite. L’un ne se sent pas tout puissant, et l’autre ne fomente pas de sombres complots pour renverser la tyrannie de son frère : c’est ainsi, voilà tout.

Ce début de hiérarchie posera les fondements du caractère du futur chien adulte. Les chiots qu’on qualifie de dominants chercheront plus facilement les limites et les failles d’une éducation bancale, et seront de nature plus autoritaires, car très confiants dans leurs capacités à s’imposer. Ceux qu’on affirme soumis seront plus réservés et pourront même être des angoisses / stressés si leur socialisation extérieure n’est pas en béton armé. Et ceux qui ne sont ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre ? Ce sont les plus posés, l’idéal de compagnie, qui ne cherchera pas à dépasser les limites et avec une bonne adaptabilité au quotidien.

Cependant, il est très important de noter qu’il ne s’agit ici que d’une généralité ! Un chiot de type « Grizzly » très peu sorti, avec des maîtres très autoritaires usant de méthodes brutales, ou tout simplement une mauvaise expérience lors d’une balade peuvent altérer, voire transformer radicalement le comportement d’un chien ! De même, notre profil « rachitique », chouchouté comme un enfant, victime de l’anthropomorphisme, ayant peu de contacts avec ses pairs peut devenir en quelques mois un despote bruyant qui bondirait sur le moindre chien qui passerait à sa portée !

Attachement envers l’humain

Ce paragraphe sera plus court, puisque dans la mesure où les chiots naissent chez un éleveur ou un particulier, ils seront en contact direct avec le naisseur, voire mieux, sa famille et ses amis. Il est évident qu’un chiot n’est pas un louveteau ; inutile de l’apprivoiser, des générations et des générations de chiens vivant avec les bipèdes que nous sommes ont éradiqué l’instinct de fuite face à l’étrange animal qu’est l’être humain. Un chiot n’ayant pas été manipulé avant ses deux mois n’aura donc qu’une légère appréhension en côtoyant ses premiers humains, rien de plus.

Néanmoins, si j’ai décidé d’ajouter cette partie concernant le contact homme-chien lors du premier mois, c’est parce que, comme je l’ai précisé plus haut, un chiot régulièrement manipulé s’éveille plus rapidement, et apprécie le contact rapproché avec celui qui le caresse. Un lien se forme entre les chiots et leur éleveur, lien qui se transférera tout naturellement vers le nouveau maître de chaque petite boule de poils. Il est très important de savoir que deux chiens établissent ce lien bien plus rapidement qu’avec une autre espèce, et que votre protégé nouvellement arrivé sera déjà le meilleur ami de votre chien avant même que vous ayez posé de bonnes bases entre vous et lui. Il ne faut donc pas oublier de passer du temps avec le nouvel arrivant, loin de l’éventuel chien de famille.

Apprentissages inter-spécifiques

C’est malheureusement l’étape la plus incomplète dans la plupart des élevages ! Si lors des premières semaines, le chiot engrangeait des apprentissages intra-spécifiques, vers sept semaines, il est à présent temps d’ouvrir son champ de connaissances. C’est lorsque le particulier ramène son chiot chez lui qu’il est justement temps de lui présenter le plus d’espèces possibles, en privilégiant évidemment la qualité des contacts à leur quantité. L’idéal c’est bien sûr d’avoir une ferme à côté, ou mieux… D’y habiter ! Poules, canards, chats, chevaux, moutons, chèvres, poissons… Tout doit y passer pour remplir la nouvelle entrée dans la banque de données du chiot.

Cette étape de tolérance et de curiosité envers les autres animaux ne dure que peu de temps, deux à trois semaines, pas plus. C’est souvent pour cela que le chiot n’attaque pas les chats ou le lapin de la famille : fraîchement débarqué à huit semaines pile, il append l’existence d’une autre forme de vie et n’en garde qu’un souvenir neutre, voire positif. Ce qui arrive, lorsqu’un chiot n’a pas été mis en contact avec d’autres espèces, tout le monde le sait car il s’agit à présent de culture populaire : le chien court après le chat. Par curiosité, excitation ou angoisse d’une chose inconnue et mouvante, le chien adulte aboie, tire en laisse et se montre réactif : il est possible de l’éduquer pour calmer de telles pulsions, mais il aurait été plus simple d’avoir su quoi faire au bon moment…

L A    S O C I A L I S A T I O N    S E C O N D A I R E

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Étape de peur

Juste après les apprentissages inter-spécifiques, la banque de données du chiot se vérouille. A partir de neuf semaines jusqu’à trois mois, toute nouveauté rencontrée par le chiot déclenchera une réaction de peur, qui peut aller du simple pas en arrière à la tentative d’agression ou de fuite. A présent, la boule de poils a cessé d’absorber les informations et les digère ; il faut lui laisser le temps de tout intégrer, tout en appréhendant calmement cette période critique. Vers neuf semaines, le chiot pourra découvrir les voitures, ou une simple bouche d’incendie. Certains se cachent, d’autres aboient ; la réaction du maître aura une très grande importance. Le mieux est de laisser le chiot faire ses expériences, en l’encourageant à l’aide de quelques croquettes et d’une voix douce. Dans l’exemple de la bouche d’incendie, et passée la première réaction, il suffit d’attendre calmement et/ou de poser des friandises autour de l’objet pour que le polisson associe l’objet de sa peur avec votre calme et des récompenses. La plupart du temps, la première confrontation est bruyante, mais si elle est bien gérée, le chiot n’y reviendra pas deux fois ; il est encore à un âge où son apprentissage se fait facilement.

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Période contestataire juvénile

Cette première « crise » qui se caractérise par l’exploration du chiot de son environnement se décline de toutes les façons possibles : premières grosses bêtises, câbles sectionnés, chaussures mangées, poubelle éventrée… Le chiot tâtonne avec sa gueule, et si le contact lui plaît, il continue. C’est ici que les punitions se rapprochent (à voir dans le prochain article) et que l’éducation prend tout son sens. Avant trois mois, le chiot savait qu’il dépendait de l’humain pour survivre. A présent, il court avec aisance, maîtrise mieux le langage canin et bout d’une curiosité inassouvie. Il faut imaginer cette période ainsi : A l’arrivée du chiot, on a tracé un cercle blanc autour de lui : il s’agit des règles de base. Jusqu’à présent, le chiot ne franchissait pas la limite, même si les plus téméraires y avaient mis une première patte. Et du jour au lendemain, voilà que votre élève obéissant sort du cercle, d’un pas, deux, puis trois. Votre réaction doit être claire et surtout, immédiate. Si une règle est bafouée, si le cercle est franchi, le chiot doit être remis en place, et à chaque fois qu’il le fera. Ce cercle ne doit pas s’agrandir : votre boule de fourrure doit y rester, et vous ne tolérerez pas une patte hors de la limite.

En pratique, prenons le rappel, puisqu’il s’agit de la transformation la plus flagrante. Jusqu’à trois mois, le chiot avait un suivi naturel, et revenait lorsque vous l’appelez, sans aucun apprentissage ou renforcement. A présent, votre chiot s’éloigne plus, et ne revient pas quand vous le demandez, ou avec beaucoup de retard. Il y a eu un échec. Si vous laissez passer, le chiot comprendra qu’il n’est pas obligé de revenir, or un bon rappel peut lui sauver la vie. L’idéal serait donc de le reprendre en laisse, avec un grand sourire et en l’invitant à vous suivre de la voix. Félicitez le fait qu’il vous suive, puis, si il n’y a pas de distractions aux alentours, lâchez la laisse et laissez-la traiter. Votre chiot s’éloigne de quelques pas, rappelez-le. A cet âge et si c’est sa première tentative d’émancipation, il devrait revenir puisque vous êtes proches. Et là, friandises, jeux, câlins, c’est la fête ! Surveillez chaque bêtise, chaque « sortie du cercle » pour que ces tentatives ne deviennent pas des habitudes. Cette période n’est qu’un aperçu de la crise d’adolescence et donc relativement facile à gérer. Il est donc d’autant plus important de réussir à canaliser votre boule d’énergie…

Puberté et recherche d’une hiérarchie sociale

A six mois, le chiot n’a plus vraiment l’air d’une peluche : sa physionomie est proche de cette d’un adulte, et ses glandes hormonales rentrent en activité. Ce nouveau paramètre créée un véritable bouleversement chez le jeune adulte, et des comportements indésirables voient le jour assez rapidement : possessivité envers le maître, aboiements, garde intempestive, réactivité envers des situations qui avant ne créaient aucun débordement… Il est à nouveau question du respect des règles, et il ne faut rien laisser passer et entretenir les acquis au risque de les perdre définitivement. Ce qui n’est pas vu et revu disparaît, ce qui n’est pas corrigé persiste : un chien qui aboie après les enfants ne se calmera pas par miracle à ses deux ans : il s’agit encore là d’un travail à faire par le maître, avec une acclimatation progressive, beaucoup de douceur et pas mal de récompenses.

Lorsque le chiot se mue en jeune adolescent, il perd sa place privilégiée auprès des autres chiens, qui toléraient son enthousiasme et ses maladresses. La pile électrique doit faire profil bas, car les adultes supportent mal les adolescents boostés aux hormones, surtout les mâles gonflés de testostérone qui veulent prendre l’ascendant sur les plus vieux. La castration ne change pas grand chose lors de cette période : l’enfant entre dans le monde des adultes et il cherche sa place.

C’est donc un énorme changement qui se prolongera jusqu’à dix-huit mois : le jeune adulte testera les limites de son maître et il ne faudra céder sous aucun prétexte. La transition avec les congénères pourra paraître plus brutale mais se fera de manière rapide : après quelques remises en place, le jeune chien sera plus prudent et poli envers les autres. A la fin de cette étape – la plus longue (et difficile pour certains) de toutes – le jeune chien sera considéré comme un adulte.

Méryos – L’anthropomorphisme chez le chien

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L’anthropomorphisme ! Quel mot barbare nous venant du grec ancien. Sa définition est pourtant aussi claire que son étymologie.

L’anthropomorphisme, c’est le fait de donner des caractéristiques humaines à des sujets qui en sont dépourvus, comme les dieux dans l’Antiquité ou encore, le sujet qui nous intéresse, les chiens !

C’est un phénomène que l’on rencontre de plus en plus aujourd’hui. Peu des personnes savent qu’ils font de l’anthropomorphisme avec leurs compagnons, et pourtant certains ont des critères de « reconnaissance » très précis, comme ne pas donner de surnoms, ne pas donner de ration ménagère etc…

Mais, pour moi, il existe deux « mouvements » dans l’anthropomorphisme : celui qui est tolérable (et non pas conseillé) et celui qui est problématique. Je vais tenter dans cet article de vous expliquer certains caractères de chacun des deux stades en commençant par le tolérable :

-Donner un surnom à votre compagnon : pour moi ce n’est pas un problème en soi, tant que le chien connaît son nom « réel » et que vous n’en avez pas une tripotée. Personnellement, je donne des surnoms à ma chienne mais ça n’arrive que quand je la félicite pour quelque chose (un « c’est bien ma fille/bibiche ») sinon, le reste du temps, c’est « Hakou », tout simplement. J’estime que donner un surnom quand on félicité, ce n’est pas en donner un réellement, puisqu’il reste strictement cantonné à la félicitation. Pour votre compagnon, ca ne sera qu’un prolongement de la phrase félicitante et rien de plus. Il ne sera pas perdu et n’oubliera pas le nom qu’il a « officiellement ». De même que si vous vous adressez à lui dans un moment de tendresse, en lui susurrant des mots doux et des petits noms sucrés. Ce sont deux choses différentes, et tant que vous savez faire la part des choses et de ne pas vous perdre là dedans, il n’y aura aucun soucis pour votre compagnon ; alors gardez bien à l’esprit qu’il y a le nom identitaire de votre animal, celui que vous utilisez par exemple quand vous travaillez avec lui, et tous ces petits noms qui sont réservés pour des moments privilégiés.

-Lui raconter notre journée. Ce n’est pas problématique tant que l’on garde un ton neutre. Je sais ô combien il est plaisant d’avoir un compagnon avec soi et que la tentation de lui parler est souvent plus forte que notre raison. Aussi, pour ceux qui sont dans cette « pratique » je leur dirais qu’ils peuvent toujours le faire, tant qu’ils gardent un ton neutre. En effet, quand on narre quelque chose, souvent, on s’emporte, on se met en colère a posteriori pour une chose survenue plus tôt. Mais votre chien lui, ne comprendra pas les raisons qui ont amené votre colère. Il n’écoute que d’une oreille votre babillage ! Tout ce qu’il comprendra c’est que d’un coup vous êtes en colère et contre lui ! En effet, les chiens sont sensibles aux sons et aux tonalités que nous employons ! Aussi, bien que je ne la considère pas comme problématique (en fait elle l’est mais tolérable quand on sait rester neutre), je déconseille cette pratique si la personne n’a pas le recul nécessaire pour éviter de s’emporter… Sinon prenez une peluche géante pour taper dessus et y déverser votre colère tant que vous n’êtes pas en présence de votre chien et revenez plus zen ! Mais, comme dit plus haut, si c’est à votre compagnon et juste lui à qui vous vous adressez, rien ne vous empêche d’employer le ton le plus doux que vous pouvez. C’est par l’utilisation de ce ton particulier qu’il comprendra combien il est important pour vous. Le ton que nous employons est emplis de nuances qu’il nous faut apprendre à maîtriser, et je dis cela par expérience : bien qu’elle connaisse la tonalité de ma voix quand je la reprend, si j’hausse trop le ton avec Hakou, elle se ratatine comme une crêpe, n’étant pas habituée à ces excès d’humeur, à cause de leur rareté.

-Lui préparer des plats : oui, ce n’est pas quelque chose de problématique. Je sais par expérience que certains chiens sont adeptes des portions ménagères. Certaines personnes peuvent se le permettre et pensent que c’est ce qu’il y a de mieux pour leur compagnon… Soit ! Mais faites attention tout de même à bien respecter les besoins nutritionnels de votre chien et de ne pas en donner trop, ce qui pourrait conduire à l’obésité et là, ce sera un problème plus grave à traiter. Si cette portion ménagère est faite « dans les règles » (c’est-à-dire avec les connaissances nécessaires pour savoir ce qui est bon ou nocif pour les chiens !!!!) je n’y vois pas d’objection. (Que cela plaise ou non.)

– Et enfin : le laisser dormir dans votre chambre/dans votre lit. Et oui ! Ce n’est pas un problème ! Certains parleront de dominance, d’éducation permissive, laxiste, mais il n’en est rien ! Hakou dort avec moi. Dans mon lit. (Pour la petite histoire, je fais des crises de panique et elle m’aide à me calmer.) Effacez de vos visages ces airs outrés, je n’en reste pas moins son « Leader » ! Tout simplement parce que j’ai le « contrôle » de la situation. Ce n’est que sur mon ordre qu’elle monte sur le lit ou qu’elle en descend. Et puis, elle ne passe pas toute la nuit avec moi. Elle reste le temps que je m’endorme et ensuite va dans son couchage. Donc pour moi, qui est « adepte » de cette pratique depuis presque un an, je peux vous le confirmer, ce n’est pas un problème ! Ce n’entrainera aucune « dominance » de votre chien sur vous et ce n’est pas non plus un problème d’un point de vue anthropomorphique.  Certains diront que c’est sale que ce n’est pas hygiénique, que les chiens se promène partout et ramassent tout un tas de cochonneries etc… Et vous ? Dans notre vie quotidienne nous sommes tout aussi « sales » qu’eux, peut-être même plus ! En bref, je ne peux que vous dire : tant que vous êtes l’initiateur de ce comportement et que c’est vous qui y mettez fin, il n’y a pas de problèmes et n’y en aura pas !

 

Nous passons à présent dans la seconde partie, le « côté obscur » si je puis dire : les comportements qui sont problématiques :

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-Lui acheter des gadgets, des parfums, des vêtements etc… et le traiter comme un bébé. Tous ces comportements sont extrêmes et dangereux pour le chien qui les subit. En effet, en parfumant et en habillant vos compagnons vous masquez leurs odeurs naturelles et ils ne sont plus reconnus comme chien par leurs semblables, ce qui augmente le risque de conflits ! Vous m’affirmerez certainement qu’il est plus agréable d’avoir son petit chien parfumer de la truffe jusqu’au bout des pattes, mais pour le chien, son odeur propre est son identité. Cette pratique est donc un acte purement égoïste de la part des maîtres qui s’y abonnent. En faisant cela, vous dénaturez complètement votre animal.

-Et cela vaut aussi pour les personnes qui portent leurs chiens dès qu’ils en rencontrent un autre : empêcher le contact, c’est créer la peur de ses congénères chez votre compagnon, car il assimile, avec votre action de le porter, que son semblable est un danger pour lui et deviendra donc agressif envers les autres chiens ! Et, si vous faites cela depuis son plus jeune âge, je suis heureuse de vous apprendre que vous venez de gâcher bon nombres d’expériences qu’il aura pu faire durant sa première et cruciale année de vie : sa socialisation. (A voir dans un prochain article)

-Se comporter avec lui comme s’il était un poupon ne lui rendra pas service, en effet, vous le privez de son statut de chien et de cela peut survenir des névroses ! Il n’est pas reconnu par ses pairs comme chien et n’est pas non plus humain. C’est une perte de ses repères et vous y participez allégrement pour votre plaisir ! Mais bon, je vous comprends : il vaut mieux avoir un chien pouponné et malade qu’un chien bien dans ses pattes…

-Célébrer l’anniversaire de votre compagnon (et autres fêtes.) Vous ne le savez peut-être pas, mais les chiens n’ont pas la notion du temps comme nous l’avons. Pour eux, tous ces jours spéciaux ne sont que des jours ordinaires. La crevette annuelle que vous donnez à votre compagnon pour Noël n’est qu’un « extra » parmi d’autres. Ce n’est en rien un évènement marquant. C’est plus une chose que vous faites pour vous que pour lui et c’est donc totalement inutile !

-Lui offrir des funérailles : Je veux bien reconnaître que la perte d’un être cher est un évènement emplis de tristesse et que le désir de rendre hommage vous guide ou vous guidera alors. Mais un chien n’a de religieux que son « créateur » (si vous êtes contre la théorie de l’évolution j’entends) Il n’est donc pas indispensable de lui offrir des magnifiques funérailles : gardez ça pour les êtres humains de votre famille. Si vous désirez réellement lui rendre hommage, accompagnez-le durant son dernier voyage ! Ce sera la plus belle preuve d’amour que vous pourrez lui donner, au lieu de dire « Je ne peux pas c’est trop dur » pour ensuite l’enterrer comme un roi. Car ce ne sera plus ce qui compte au final. Ce qui compte, à mes yeux, est de l’accompagner quand l’heure arrivera…

Pour conclure, il est absurde et dangereux pour votre compagnon d’agir avec lui avec un anthropomorphisme excessif ! Les premiers cas son dérangeant mais pas « nocif » à proprement parler, dérangeant oui, mais pas au point de « névroser » votre compagnon, contrairement aux cas de la seconde partie, ce sont ces attitudes qui seront à l’origine de nombreux troubles chez votre compagnon.

 

Tynn – Choisir son club

Sur les articles que j’ai pu écrire ici, le tout premier de ce blog ( l’enfer du chiot ) est celui sur lequel j’ai le plus de retours. Habitués comme néophytes sont choqués par ce que j’ai pu vivre, et si la plupart me le disent clairement, je l’ai ressenti chez ceux qui ne l’ont pas fait : tous doutaient de ne pas avoir pu repérer les signaux avant-coureur d’un « mauvais club » et c’est à ce sujet que j’écris aujourd’hui.

 

Il faut tout d’abord savoir que je bannis formellement la scission entre les « méchants tradis » et les « gentils PO » car ce qui lie tous les professionnels du chien, c’est bien leur passion. Je ne dirai donc pas qu’un club où on engueule son chien s’il a le malheur de bouger une oreille est un « mauvais club » cependant, si vous suivez ce blog, ou si vous en survolez les articles, c’est parce que la méthode positive vous intéresse. Il faudra donc s’attendre à ce que mes recommandations se conforment à mes convictions et les méthodes que j’ai pu pratiquer sur le terrain.

 

Je vais brosser le portrait d’un club proche de l’idéal en quelques points, à vous de sélectionner ce qui vous parait le plus important. Les petits structures n’ont souvent pas de bons locaux ou de professionnels diplômés, c’est donc à vous d’adapter vos exigences à l’offre qui se trouve autour de vous , cela dit, je vous invite très vivement à porter une attention toute particulière aux points mis en gras.

 

  • L’ENVIRONNEMENT

▬ La propreté du terrain dépend de beaucoup trop de facteurs pour s’en soucier ; cela dit, si aucune mesure n’est prise pour les déjections, prudence… Maladies et infections se transmettent souvent par injection de matières fécales, et il n’est certainement pas charmant de passer une heure à piétiner d’un tas à un autre…

Les barrières sont d’une grande importance ; le chien peut s’y blesser si elles sont en feraille ou en barbelé, sauter par dessus ou les détruire sous le feu d’une excitation intense. Vérifiez bien qu’aucun trou ne soit présent et qu’elles mesurent environ deux mètres de haut (même si on conseille plus, vu la détente de certains grands sportifs)

▬ L’organisation doit vous sembler fluide et claire : si on ne sait plus où sont vos papiers, si vous vous êtes inscrits, si une monitrice vient ou pas, si le cours suivant fait obéissance ou agility… Il y a d’ores et déjà trop de « si ». Soyez certain qu’un jour vous débarquerez alors qu’il n’y aura pas cours, ou qu’on aura oublié de vous prévenir qu’il y avait un concours.

 

  • L’ÉQUIPE

▬ La plupart du temps, on vous accueillera bien (après tout, vous êtes un potentiel adhérant) mais n’hésitez pas à aller au contact :quels sont leurs diplômes, ont-ils été formés, si oui, où ? Beaucoup trop se font former « sur le tas » c’est à dire sans un cadre officiel et par une personne lambda qui décide de prendre un ou plusieurs « apprentis » pour leur apprendre le métier, mais leurs connaissances peuvent être incomplètes, ou pire, erronées..

▬ Sans avoir à prendre de cours, vous pourrez deviner la façon dont votre chien sera traité en regardant les éducateurs avec leurs propres chiens – ou éventuellement ceux des autres. Si dès qu’un problème survient, la force es la première solution mise en pratique, sachez qu’il en sera de même lors de vos leçons.

▬ Aucun moniteur, quelle que soit sa justification, ne doit se permettre de malmener votre chien, sous aucun prétexte. Soyez TRÈS consciencieux si vous décidez de faire un cours d’essai, car c’est ainsi que tout commence : on retourne le chiot sur le dos, on prend la laisse pour donner un coup de sonnette, et on vous assure que c’est la bonne chose à faire… Soyez inflexible. A partir du moment où une personne tentera de vous faire croire qu’un chien doit être dominé pour obéir, fuyez. Et vite.

 

  • LES TRUCS EN PLUS

▬ Regardez les colliers. C’est une habitude que j’ai adopté inconsciemment en visitant clubs, concours et expos diverses. Un collier plat ne veut pas dire maitre non brutal, et inversement. Mais si dans un club vous voyez pléthore de colliers à piques ou electriques, sachez qu’on risque de vous en conseiller un avec un grand sourire. (PS : ceci est un torca / torqua / torquatus, soit un collier à piques = les mailles sont carrées, entrecoupées de pointes qui s’enfoncent dans le cou du chien lorsque la laisse est tendue. En revanche, ceci est un collier en chaine simple, qu’on trouve souvent en magasin : des mailles rondes qui certes, abiment le poil mais ne possèdent pas de pointes. Apprenez à faire la différence)

▬ Regardez au moins un cours et comment il est mené. Notez surtout ces points qui me paraissent importants : les chiens sont-ils lachés avant le cours pour faire connaissance et se délasser ? Combien de moniteurs pour combien d’élèves ? Y’a-t-il des pauses entre deux exercices, sachant qu’un chien ne peut pas maintenir une attention maximum plus de cinq / dix minutes ? Ont-ils de quoi boire à la fin du cours ?

▬ Soyez dix fois plus exigeants si vous cherchez un cours pour un chiot et non pour un chien : une mauvaise expérience peut rester toute une vie… Entre deux et six mois, la sociabilisation est la plus importante : chiens, humains, bruits, jeux, objets… Si le cours se déroule comme le mien l’a été, sans aucune pause, chiots toujours en laisse, obligés d’aligner des assis et des couchés, n’insistez pas. Prenez minimum deux heures lors d’un week-end pour demander à google comment socialiser votre chiot et vous lui éviterez d’être dégouté du travail en club – si ce n’est pas carrément des humains ou de l’espèce canine en général.

Tynn – Gérer le « Don’t wanna, don’t hafta »

Si j’écris aujourd’hui, ce n’est pas pour développer une réflexion personnelle ni établir un plan pour régler un quelconque souci comportemental ; c’est pour retranscrire un concept créé par l’agilitiste canadienne Susan Garrett, le  » I don’t wanna, I don’t hafta  » qui pourrait se traduire par  » Je ne veux pas, je n’ai pas à [le faire]  » En termes plus concrets ? Vous demandez quelque chose que le chien sait faire, et au mieux il vous ignore, au pire, il va voir ailleurs où vous n’y êtes pas. Cette attitude du « don’t wanna, don’t hafta » (DWDH) se trouve partout, à tous les niveaux, à tous les âges, peu importe le passé du chien ou la méthode d’éducation du maître, et il faut savoir le gérer pour ne pas renforcer inconsciemment le très cher canidé, qui apprendrait bien vite à en tirer parti.

 

Comme toujours, un cas pratique illustre plus aisément ; je vous propose le mien, celui qui m’a inspiré cet article. Mon but est d’apprendre à Diez, australien de onze mois, à tugger à l’extérieur. Après avoir construit l’envie et l’excitation du tug à la maison, il me faut généraliser le comportement avant de pouvoir transformer le jeu en récompense. Or, hormones en furie et tête de mule accomplie, mon cher berger ne daigne tugger que lorsqu’il le décide, et non quand je lui demande de le faire.

En général, on propose deux solutions à ce DWDH :

– La plus simple (…et commune) : affirmer que le chien « n’aime pas » le tug et puisque la récompense alimentaire lui suffit, abandonner l’idée d’avoir plusieurs renforcateurs

– La plus complexe : effectuer un transfert de valeurs (nous pourrons y revenir dans un prochain article selon votre feedback) qui consiste à faire tugger le chien PUIS le récompenser par quelque chose qu’il désire ardemment – et qui est en général la raison pour laquelle il ne tug pas.

 

Dans mon cas, je juge réellement utile de pouvoir employer le jeu comme récompense puisqu’il créée un lien, une attention et une excitation envers le maître que la nourriture ne procure pas ; faire tugger un chien renforce un comportement actif (rappel) et la nourriture, un comportement passif (pas bouger). En revanche, comme je ne veux pas CRÉER l’attraction du tug mais la RAVIVER, j’utilise une troisième option : je m’aide des distractions pour faire tugger mon chien.

Pour illustrer, lorsque Diez refuse le tug lorsque je lui propose, je recule de quelques pas pour m’éloigner d’une distraction éventuelle puis je retente : s’il tug, nous continuons. S’il ne tug pas, je recule encore, jusqu’à faire tout le chemin inverse s’il le faut. Bien évidemment, je module mes exigences en fonction de son attitude : s’il est très énervé et distrait, le simple fait de poser les crocs sur le jouet nous fait avancer. En revanche, si il refuse pour aucune raison (DWDH classique !) j’en demande davantage.

 

Prenons un autre exemple que tout propriétaire de chien a déjà connu : on demande un assis, le chien est distrait, occupé ailleurs ou ignore tout simplement le comportement = DWDH. Réfléchissons ensemble aux choix qui s’offrent à nous :

– Ne rien faire → donc renforcer le chien dans sa désobéissance ; s’il n’écoute pas, on lui fiche la paix

– Répéter l’ordre → donner une seconde chance au chien, voire une troisième, quatrième…. Et lui démontrer qu’il n’est pas obligé de s’exécuter dès le premier commandement puisqu’on lui offre l’opportunité de « gagner » plus tard (au Xième ordre) et la possibilité de finir sa tache (renifler une odeur, suivre un chien de l’œil, aboyer jusqu’à disparition de la cible..)

– Voilà qui nous laisse le troisième choix : définir que le chien a raté l’occasion de « gagner » (une récompense alimentaire par ex) et recommencer MAIS en changeant les variables. On a demandé un assis, le chien reniflait par terre et n’a pas répondu. On s’éloigne donc sans un mot, sans aucune démonstration d’émotion et quelques mètres puis loin, on redemande un assis. Si, loin de l’odeur intéressante, le chien s’assoit, c’est gagné ! Il peut gagner son morceau de jambon, et parfois, encore mieux, avoir le droit de revenir vers l’odeur qui l’intéressait ! Si il n’écoute toujours pas, on recommence jusqu’à exécution de l’ordre.

 

Dans cette optique, il est donc facile de deviner le mode d’action pour apprendre (ou ré-apprendre) le rappel à un chien un peu distrait.On demande le retour, si le chien revient, on récompense et on le renvoie directement à ce qu’il faisait ; s’il ne revient pas, on va le chercher et on demande à nouveau le rappel alors qu’il est plus proche.

Comme je l’ai démontré précédemment, c’est l’environnement qui influe sur le comportement du chien, c’est donc lui que vous devez surveiller. Comme vous ne pouvez pas enlever toutes les bonnes odeurs et tous les lapins de vos terrains de balade, gardez un élément de contrôle : attachez une longe de quinze à vingt mètres au collier du chien avant de le lâcher ! Ainsi, si il ne revient pas au rappel, vous éviterez les deux erreurs monumentales les plus communes : hurler encore et encore le nom du chien / l’ordre de rappel, et ne pas réussir à le rattraper !

 

 

En bref, pour gérer le DWDH, il ne s’agit en aucun cas de « forcer » le chien à faire ce que nous lui demandons : avec Diez, je me contente d’agiter le tug et de faire des bruits aigus, mais jamais je n’irais lui présenter sous le museau en avançant vers lui afin qu’il exécute l’exercice ; vous voulez transformer le « Don’t wanna, don’t hafta » en « wanna, hafta ! » et donc faire muter le refus en acceptation enthousiaste, non pas provoquer stress et anxiété chez un chien simplement distrait par une odeur quelconque !

Comme toujours, le CHOIX (ou l’illusion du choix pour le canidé) doit rester omniprésent dans l’éducation ; arrangez-vous pour que le BON choix (= celui que vous recherchez) soit dix fois plus intéressant que le mauvais !

Méryos – La désolation d’une cynophile

Aujourd’hui, c’est avec colère et tristesse que j’écris.

Cela fait un moment que je suis, sur le célèbre réseau social, un groupe de passionnés qui sauvent, soignent, rééduquent et réhabilitent des chiens primitifs (Akita Inu, Akita Américain, Shiba etc…)

J’ai vu un statut de cette association qui m’a laissé perplexe, ce qu’il disait en substance était que cette association a prit contact avec une jeune fille dont la chienne souffre d’une très grave dysplasie (La dysplasie de la hanche a été définie comme un trouble du développement entraînant une instabilité plus ou moins accusée de l’articulation.) La petite chienne a été achetée dans une animalerie ! Bien évidemment, le magasin refuse de rembourser, et « l’éleveur » propose de donner un chihuahua a cette dame afin qu’elle le revende pour payer l’opération de sa chienne. (Cet éleveur est en République Dominicaine, importe des chiens de l’Est et est interdit d’élever en France !)

Mais je ne vais pas m’étaler pour parler de ce trafic de chien que je ne cautionne pas, je vais plutôt me servir de cet article pour me décharger de toute ma colère contre cette dame.

Tout d’abord, cette dame, que nous appellerons C, clame qu’elle n’a jamais demandé l’aide de cette association… Bien, mais bon, quand tu clames sur tous les groupes de ce réseau social « AIDEZ-MOI A SAUVER MA CHIENNE ! », il est normal qu’une association, qui en plus à l’habitude de s’occuper des chiens de cette race, y réponde ! Cette association a prit contact avec elle dans le but de trouver des solutions pour cette chienne mais aussi pour donner à cette dame des solutions afin de commencer une procédure judiciaire, mais C et nous pauvres mortels n’avons pas les mêmes valeurs, elle ignore donc ces conseils ! Et je tiens également à souligner qu’en plus de l’éleveur véreux, l’animalerie en question a déjà été traînée en justice ! Mais puisque cela fait « 30 ans » (alors qu’elle en fait la vingtaine et qu’elle se dit être « jeune et avoir encore à apprendre » car C veut se lancer dans l’élevage.) qu’elle les connait, il n’y a pas de soucis !

Une question ne cesse de me tourmenter : Pourquoi avoir choisi un chiot dans une animalerie ? Bien sûr, ils sont mignons, et nous font de la peine à être toujours enfermés dans ces cages de verre. Mais  en pensant, au mieux, sauver ce petit être en l’achetant, vous ne faites que contribuer au « buisness » de ces marchands de chiens qui ne font que produire, et en plus de cela dans des conditions déplorables ! Pour citer C ; « Mais le destin a voulu que je l’as rencontre , je pense que rien est fais au hasard dans la vie » (Et non, je ne vous épargne même pas des fautes d’orthographes de cette personne, quelle cruauté de ma part !) Or ce que C n’a pas compris, c’est qu’entrer dans une animalerie avec l’intention d’y acheter un chiot ne relève pas du destin mais soit du pur caprice, soit d’une inconscience inégalable et désolante !

C se dit passionnée de cette race, mais elle n’est que le produit de cet effet de mode « Hatchi » et de ce goût pour les « nipponeries » (pour citer cette association, mais je trouve ce mot lourd de sens.) Aujourd’hui, les gens veulent des chiens comme d’autres veulent une voiture, un four, ou un pot de Nutella !

C a donc fait fi des conseils de cette association et s’est arrangée avec les vendeurs (elle recevra la moitié du prix d’achat de la chienne pour son opération) Ce qui me désole dans tout cela, c’est que les gens arrivent à se convaincre que rien n’est jamais de leur faute… Mais je vous rassure C, tout est de votre faute ! Ce n’est pas le destin qui vous a poussé à acheter votre chienne, mais un désir égoïste qui a conduit à une action que vous prétendez « mûrement réfléchie »… Laissez-moi rire !

Le plus aberrant dans cette histoire, c’est que C suit une formation qui lui permettra de faire de l’élevage canin et elle serait également éducateur canin… Soit, mais dans ce cas, cette personne devrait être un minimum renseignée non ? Ne serait-ce que sur les maladies que l’on cherche à dépister sur les chiens qui reproduisent, et parmi ces maladies se trouve la DYSPLASIE DES HANCHES ! Et le plus triste – ou drôle cela dépend du point de vue ou de l’énervement dans lequel vous vous trouvez- est que quand l’association lui a parlé des maladies que rencontrent les Akita, C répond « j’ai vu qu’il y avait des traitements »… Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer.  C qui veut être éleveuse, se fiche de produire des chiens malades… Beaux fondements pour son élevage si je puis me permettre. Future éleveuse qui clame que sa chienne est LOF car descendrait d’un élevage… Oui mais si les parents ne le sont pas, elle ne l’est pas, ce qui serait effectivement le cas !

Une autre aberration que j’ai relevée durant ma lecture de ce fait est qu’elle fait faire cinq heures de balades quotidiennes à une chienne atteinte de dysplasie D… Mais quand on lui dit que cela est mauvais, madame clame que la chienne est portée… Une chienne Akita de 7 mois qui fait entre quinze et vingt kilos ? Portée par un petit bout de femme pendant cinq longues heures ? IMPOSSIBLE ! Mais madame à une réponse toute faite ! C’est Monsieur qui porte la chienne… Et cette dame a le culot de préférer faire confiance en une animalerie véreuse qu’à des passionnées qui tentent de sauver des vies… HONTEUX !

Cette histoire, loin d’être racontée de façon objective, est là également pour faire passer un message à ceux qui tomberont sur cet article et qui auront eu le courage de le lire jusqu’à la fin : n’achetez pas en animalerie, ou alors demandez les papiers des parents des chiots ainsi que la preuve que tous les tests ont été fait. Je sais que certains éleveurs passent par des animaleries pour vendre leurs chiots (ce que je ne cautionne pas non plus d’ailleurs) il est donc possible d’avoir accès aux dits papiers, et s’ils ne les ont pas FUYEZ ! Sinon, préférez toujours l’élevage, mais l’élevage dans le respect et l’amour du chien, ou même achetez chez un particulier ! L’important étant, selon moi,  la socialisation du chiot et que les parents soient testés pour toutes les maladies de la race et en ayant bien entendu de parfaits résultats !

Je remercie également C de faire passer, avec de tels arguments, les éleveurs et éducateurs passionnés pour les plus grands ânes qu’ait porté cette foutue planète !

Tynn – … et si il te mord, frappe-le plus fort !

Je passe la plupart de mon temps libre à parcourir forums, blogs et autres sites traitant d’éducation canine afin d’améliorer mes compétences ; malheureusement, parfois il m’arrive de tomber sur une discussion qui relève d’un tout autre univers. C’est comme faire un grand bond en arrière, avant les années 90 et toutes les recherches des grands théoriciens (et praticiens !) de l’éducation canine. Celle-ci est tirée d’un groupe Facebook dont le but n’est que de partager expériences et photos entre passionnés d’une même race. Le premier message hérisse immédiatement le poil :

 

Moon vient de se prendre la raclée de sa vie!! il refusait de rentrer du jardin ça fait une heure que j’essaye et là je l’ai chopé et il s’est débattu en me grognant dessus il en a ramassé une fameuse et now kennel tout penaud… 1ére fois qu’il me fait cela…

 

… J’imagine qu’il n’y a pas besoin de commentaires, dans la mesure où nos lecteurs sont, comme nous, férus d’éducation positive. Le chien a quatorze mois, et sa race ne sera pas mentionnée pour éviter a-priori et préjugés ; sur les 200 réponses, un peu moins de la moitié prétextent l’adolescence pour ce changement brutal de comportement !

Qu’on se le dise : l’adolescence est un moment plus ou moins défini entre six et dix-huit mois où les hormones de nos loups et leur envie d’indépendance font un grand bond en avant ; cela ne signifie pas cependant qu’un démon les possède et que du jour au lendemain, le gentil chiot se transformera en bête féroce imbue de pouvoir et dévoreur de canapés !! On affirme que cette période est plus marquée chez certaines races, mais en réalité, on ne voit l’adolescence que si on la cherche. Ne serait-ce pas plutôt un prétexte pour justifier nos lacunes ? Oui, le rappel est laborieux. Oui, il est moins attentif. Oui, il aboie plus. Oui, il adopte des comportements indésirables que nous ne tolérons guère, ou que nous pensions avoir éradiqués à force de travail. Mais l’adolescence ne doit pas devenir une excuse pour justifier de tels comportements ! Au contraire, elle devrait plutôt être vue comme un moment dans la vie du chien où tout doit être revu avec attention, où la longe ressortira du placard et où les friandises pleuvront à nouveau pour une bonne marche au pied..  Cette période doit cesser d’être diabolisée ; le chien veut s’émanciper, soit. Cela ne justifie en rien une agressivité poussée – le problème est plus enfoui, et certainement moins récent. Noyau familial instable, peurs et angoisses, les causes sont multiples, mais un chien qui mord ne le fait pas du jour au lendemain « parce qu’il fait sa crise d’ado. »

 

Cependant, si j’écris cet article, ce n’est pas (que) pour faire ce point sur l’adolescence du chien ; c’est également pour souligner d’une part l’énorme prédominance des méthodes brutales par le propriétaire lambda, et d’autre part la très mauvaise image de l’éducation positive chez les néophytes. Voyez plutôt les réponses au message cité plus haut :

 

  • Glenn a essayé une fois grognement plus essayé de me chiquer martinet et punition dans son panier pendant trois quart d heure et il n a pas recommencé depuis je pense que c est ça période ado et de plus je pense qu il a essayé de prendre le dessus car c est un mâle et moi une « femelle »
  • Mon gros de 9 ans nous grogne dessus quand il est en desaccord on lui met le poing dans la gueule ca le calme de suite mais il n a jamais rien tenter d autre!!
  •  tu as parfaitement bien fait, j’ai déja fait exactement pareil une raclée une bonne foi pour toute et ces régler!!!!

 

Ces phrases illustrent littéralement la pensée du propriétaire moyen.

– Punition par la violence

– Justification par « la période ado »

– Velléité de dominance sur l’humain

A cela je n’ai qu’une chose à répondre : IL N’Y A PAS DE DOMINANCE INTER-ESPÈCES ! (en majuscules pour faire honneur à Méryos dont c’est le principal crédo)

N’imaginez pas qu’il s’agit d’un cas isolé ! J’ai lu toutes les réponses (alors que ma mâchoire se décrochait peu à peu) et la majorité félicitaient l’auteur pour sa réaction prompte et efficace ! Il n’y a eu que de très rares interventions allant dans notre mode de pensée, rapidement lynchés par tous les autres…

 

A ▬ Faut pas le taper s’il vous grogne dessus ( même si l’égo en prends un coup ! ) car la prochaine fois au lieu de grogner, il va directement passer a la morsure … ( c’est pas moi qui le dit, c’est des vétérinaires, chercheurs … ) Juste l’ignorer, l’isoler. Et l’éduquer au rappel correctement.

B ▬ arretez de dire qu’il ne faut pas taper un chien qui grogne! cette méthode donne trop de [Race] dont on se sépare car ils finissent par mordre ou pincer!!!! tu as eu raison [auteur], faut pas laisser ton chien te grogner dessus! et ne pas écouter les gens qui te disent qu’il faut lui changer les idées et récompenser!!!

A ▬ Un chien agresse parce qu’il se sent agresser. Ou parce qu’il n’a rien d’autre a faire. Son chien lui a  » juste  » grogné dessus, il l’a pas attaqué a la gorge … En le frappant, c’est prendre le risque qu’il riposte. Ton conseil est dangereux je trouve

B ▬ NON! le grognement est un « départ » le début avant la morsure donc si tu casses le soucis dans l’oeuf donc avec l’interdiction de grogner le chien ne grognera plus et mordra pas! ça fait plus de 20 ans que j’ai des chiens et que j’interdis à mes chiens de grogner je ne me suis jamais fait mordre ni personne d’ailleurs! alors les nouvelles méthodes surtout avec l’intelligence de [Race], pas étonnant qu’on finisse par lire ici que les chiens ont mordu!!!!!

 

A nouveau, je me dois de souligner que je ne poste pas ici pour un lynchage en terrain conquis ; il me parait très important pour un éducateur (et/ou comportementaliste) d’être au courant des méthodes utilisées par les non professionnels, et les préjugés que ces derniers peuvent avoir envers l’éducation positive. Après le crédo de Méryos, voici le mien : POSITIF N’EST PAS PERMISSIF !

 

Il est triste de constater qu’à l’heure actuelle, beaucoup trop de propriétaires imaginent que leur chien veut les dominer, et que si il monte sur le canapé, c’est parce qu’il est l’alpha… Pire encore, à l’époque où toutes les informations sont disponibles gratuitement sur le net, et donc toutes les recherches les plus récentes, très peu savent que le grognement du chien n’est PAS une menace en lui même ! Si cette vocalise venant du fond de la gorge nous semble angoissante ou témoignant d’un manque de respect notoire, il n’en est rien : ce n’est qu’un signal de prévention, l’ultime supplication du canidé qui se sent menacé; ou dont l’inconfort a atteint un seuil critique. Ce grondement sourd n’est ni plus ni moins qu’un  » Recule, je ne veux pas te faire de mal, mais je le ferai si tu ne me laisses pas le choix  »

Il suffit d’essayer de coincer un chien errant dans un coin pour mettre en pratique la théorie… Le canidé acculé, mal à l’aise, sans doute effrayé, poussera un grognement rauque, parfois même en détourant le regard, signalant son absence d’agressivité première. Il suffit de faire un pas en arrière, de retourner le regard ou tout le corps pour que le chien cesse ses vocalises… Et dans le cas contraire, un bras levé, un pas de plus en avant, et c’est la morsure.

L’association grognement = morsure / attaque imminente n’est au final qu’une très mauvaise conclusion qui est restée dans les mœurs, et qui continue de perdurer… Ainsi, en lisant ces commentaires, je ne pouvais m’empêcher de penser à ces maîtres qui lèvent la main sur leur chien au moindre grognement, et à ceux, parmi eux, qui affirmaient travailler en SPA pour l’expérience : comment font ces personnes pour gérer des chiens très anxieux, instables, qu’on a tellement poussé à bout qu’ils passent directement à l’attaque, sans aucun signal préventif ? Ont-ils seulement déjà connu ce type de chiens, dont la patience est le seul facteur efficace ? Et si un jour, un chien plus têtu qu’un autre refermait sa gueule sur la main tenant le martinet ? Quelle serait leur réaction ? Serait-ce une seconde crise d’ado, le coup qui ne fut pas assez dur, ou la méthode se heurtant à ses propres limites ?

 

Rappelez vous seulement de ceci : entre le couple maître/chien et soigneur/tigre (ou tout autre grand prédateur) il n’y a aucune différence, sinon celle du poids. Au nom de quoi pouvons-nous décider de frapper nos chiens parce que nous le POUVONS alors que des milliers de personnes à travers le monde peuvent convaincre un animal sauvage de subir des soins médicaux sans broncher ?